Souffle / création 2018

Première : Les rencontres d’ici et d’ailleurs 2018 / CNAR Le Moulin Fondu

Souffle (titre provisoire)

Juin 2015   Voilà que mon père est mort. «Si je pars le premier pour une autre vie…», ses mots à lui, eux aussi couchés, sur du papier, découverts dans un tiroir lorsque lui sur son lit, malade mais serein, et nous debout, connaissions l’issue. J’entourais son corps d’huile, j’en traçais de mes mains le contour, je l’enveloppais plusieurs jours durant, matin, midi et soir, tant qu’il le demandait, puis quand il ne pouvait plus dire. Ou seulement avec les yeux, puis un, une paupière, puis je suppose alors je continue. Déjà quelque chose partait, je dis ainsi puisque je ne sais pas. Et j’aidais ce quelque chose à passer les murs, qu’il ne demeure pas enfermé ce bout de reste de vie. Je n’ai pas entendu le dernier souffle. Personne. Je ne sais pas où se trouve l’autre vie, faut construire tout ça, rester debout, un peu penché c’est sur et plus élancé peut être. Dire à l’enfant aussi, des mots simples et magiques pour dire la vie. Choisir un geste, dire que c’est important pour lui, pour nous. Comme un miroir ce décès me renvoyait de façon accrue l’interrogation de notre présence au monde, de la persistance de nos actes, de ce que nous construisons et que nous laissons. j’ai dépassé la moitié de 100 ans, plus d’une demi vie, à moitié vivant, à moitié mort alors? Envisager mon départ aussi pour plus tard. Je ne peux pas me résigner au cynisme pour la simple raison que ma fille est là. Il faudrait voir cela comme une expérience, pas moins intense ni moins intéressante que toute autre étape de la vie.

Prémices      Et le désir immédiat d’interroger ce départ, ce qui se joue, ce qui se perd, ce qui se garde, ce qui se trouve. J’en suis venu à questionner le deuil, d’un proche, d’un moins proche, de nos semblables. Puis la consolation de notre disparition. Transmettre la vie et disparaître d’ici, de cet endroit, de cette chose, le monde, la terre, le pays, la ville, la maison. Intime et commun. Ces réflexions se mêlent à l’actualité, aux actualités, à ce qui est dit, crié, éructé, d’une perte des repères, des acquis, des fondements, spirituels, politiques, sociaux. Questionner le deuil que nous devrions faire d’un avant de nous, et même du présent à nous. Je pense à l’enfant, j’ai peur pour lui du monde qui sera après, je sourie parfois puisque je pense qu’il fera mieux. Peut pas faire autrement. j’aimerai me figer en ce sourire. Partir sans crainte. Un dernier souffle puis un autre qui suit, un second souffle. Souffle interroge le deuil et la consolation, de sa propre mort, de la mort de l’autre, de notre monde, du monde.

1ere résidence/ 19 26 juin 2017 / Université Paul Valéry Montpellier 3 / rues de Montpellier / questionner les objets et les univers de matières.

Équipe      Conception, textes: François Rascalou assisté de Yann Cardin.    Interprètes: François Rascalou, Yann Cardin.    Regards complices: Christophe Chatelain, Fatma Nakib, Emmanuelle Cheyns      Production / diffusion: Fatma Nakib – la Brindille

Partenaires    CNAR le Moulin Fondu / CNAR Les Ateliers Frappaz – Villeurbanne / Art’Zimut / Université Montpellier 3 / en cours

La Compagnie reçoit le soutien de La Direction Générale de la Création Artistique (DGCA) Ministère de la Culture et de la Communication // du Conseil Régional Languedoc Roussillon au titre de compagnie conventionnée 2014-2015 // du Département de l’Hérault au titre de compagnie conventionnée 2016-2017 // de la Direction Régionale des Affaires culturelles (DRAC) // de la Ville de Montpellier //

 

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