Rencontres avec François Rascalou

 

  • Midi Libre mercredi 12 novembre 2008

Danse : François Rascalou, l’être de scène et de désir. François Rascalou

François Rascalou parle danse avec bonheur. Lumineux. A travers le geste, l’homme explore les expressions de l’âme ? La rencontre, l’amour, le désir. Ses paroles sont fluides et vives. Dans ses mots, la danse montre ce qui va au delà. Voyez un corps. D’un changement de courbure, il sera pitié ou érotisme, morbidité ou vulgarité. Exprimer c’est se positionner. « Se discipliner et se contraindre ». Par la maîtrise, l’être s’éveille à la connaissance et libère ses mouvements.

En arrivant à Montpellier, il se destine à enseigner le sport…il croise Jackie Taffanel. Natif de Lozère, François Rascalou a découvert la danse en arrivant à Montpellier. A l’époque jeune bachelier et gardien de handball, il se destinait à être prof de sport. Le sort en décide autrement. A l’Université, Rascalou croise Jackie Taffanel, qui l’entraîne dans la danse. La discipline ouvre à « d’autres préoccupations sur le corps, à d’autres relations aux autres ». Et cet art, libéré de règle, met son interprète « face au vide jouissif de la création ».

Danseur professionnel et partenaire de Taffanel les quinze années suivantes, Rascalou crée sa première compagnie en 1999 et est associé à la Chapelle depuis 2002. Sa carrière est exemplaire. Sa recherche va crescendo. Car en composant des spectacles, Rascalou prend de la distance sur l’interprétation même du geste. Si le danseur, lié à la scène, se plie à un protocole rigoureux qui rythme son ouvrage (« tenir ses heures, s’échauffer, boire une tasse de thé et s’entraîner encore »), le chorégraphe, « au seuil de l’être, vit une toute autre aventure ». Où le regard, sans cesse, interroge l’espace et l’œil imagine l’acte en écho avec le son. Musique et verbe. Dans Déclassé X, Rascalou se réfère aux grands mythes. Tristan et Iseult, Mélusine, Orphée…impossible amour, ravage de la passion. Poison et magie. Sur écran, il projette un texte d’Emmanuel Darley, l’écrivain narbonnais. Une lettre d’adolescent au sentiment bringuebalant. Dans l’évolution du chorégraphe, Déclassé X marque un temps. En relation avec la transmission et les échanges alimentés par Rascalou, entre autres, avec les collégiens de Fontcarrade.

Viendra ensuite « Qu’est ce que je fous ? Dans quoi je marche ? ». Future création en relation à un texte de Darley, d’un autre style. « Plus mature, cynique et incisif.» Entre temps, il y aura Xtaz, un spectacle de danse de nuit et électro mis en scène avec des novices. Par la danse, alchimie en mouvement de sons et d’êtres, l’onirique devient tangible.                  C.-Solveig FOL

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