Ma vie avec tout le monde

« Ma vie avec tout le monde« , créée à la Chapelle, est une pièce de danse contemporaine… particulièrement actuelle. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’elle parle de l’internet et plus précisément des réseaux sociaux. D’autre part parce qu’elle fait parler les danseurs. Et c’est bien la tendance la plus impressionnante de ces dernières années, cette propension des chorégraphes à parler et à faire parler . Il y a là trois danseuses et deux danseurs… qui sont en fait des internautes se présentant à nous et aux autres sous la forme d’avatars. Évidement, ils sont un petit peu « faux » et le jeu de la pièce consiste à nous faire osciller entre le « fake » et le « in the real life« . La plus grande force de la pièce est la qualité du texte, qu’on devine pioché puis travaillé par l’auteur à partir de sa propre expérience des réseaux sociaux. Un tel texte permet une construction scénaristique, ce qui a son importance, vu ce qu’il demande aux acteurs/danseurs. Ils ont, à la fois, à osciller dans leur pseudo-individualité et à suivre deux fils conducteurs. Celui du texte et celui de la danse. La deuxième force est la qualité du travail vocal des danseurs. Ils alternent la voix nue et la voix amplifiée. Et malgré cette difficulté technique, ils sont au top pour faire passer les nuances de leur alternance avatar/réalité tout en dansant.

Après avoir dit ça, on arrive à une histoire de goût. C’est un style de danse bien particulier, qui d’ailleurs est peut être encore en train de se chercher. Mais il me semble qu’on peut aimer la danse de Rascalou et cette qualité particulière, qui autorise beaucoup de mise en valeur individuelle de l’interprète. Et il me semble d’ailleurs que l’on doit l’aimer pour ça, parce qu’elle autorise ces éclairs des différents danseurs. Alors, là, dans ce cas, on a un petit quelque chose de différent de l’habitude Rascalou. On peut se demander si les soli ne sont pas aussi un moyen de mettre en lumière la folie intérieure des « personnages inhibés et avatarés » du système internet. On ne peut donc plus tout à fait s’extasier sans arrière-pensée sur les interprètes. Car justement, la pièce n’est que ça, une succession de fuites et d’arrières pensées.  Jean Marc Douillard

  • L’Hérault du Jour/13 avril 2011

 « Ma vie avec tout le monde » c’est le nouveau spectacle du chorégraphe François Rascalou.

« Ce matin quand j’ai appris la chute de Gbagbo, j’ai dansé », lance François Rascalou mardi. Voila qui ouvre la conversation. Le chorégraphe montpelliérain présente sa nouvelle création ce vendredi à la Chapelle. « je vois une création comme une étape. Je fais le point sur ma place dans ce métier, c’est un écho aux désirs du moment, une tentative ». Le désir est né d’un intérêt pour les danses traditionnelles et d’un article lu sur les us et coutumes de cérémonies pratiquées en Nouvelle Guinée. La tentative a été d’écrire une danse qui puisse être investie par « n’importe quelle tribu ». au final, la pièce fait un grand bon des rites ancestraux collectifs aux rituels plus individuels des gens d’aujourd’hui. Sur la forme, elle est traversée de mouvements tribaux. Sur le fond elle parle des tribus du 21e, plus factices et plus illusoires, celles qui se font et se défont sur le net. Rascalou a glané sur les tchats de divers forums, des phrases tout azimut, de vrais ou faux extraits de vie que leurs auteurs partagent avec tout le monde. « J’ai récolté des choses graves et futiles. Des remarques, des désirs, des lubies, des joies, des identités multiples, des amitiés connectées et comptabilisées, des rencontres surf, des solitudes aux bouts des souris ». C’est avec ce matériau que cinq danseurs vont investir une partition ludique à l’image des jeux de rôles engagés sur le Net. Des êtres de chair vont offrir des visions des relations virtuelles qui se nouent entre les écrans, tendance en vogue et sujet qui interpellent les artistes. « ma vie avec tout le monde », le titre de la 7eme création de François Rascalou est bien trouvé. Anne Leray

  • La Gazette de Montpellier / 14 avril 2011

La toute dernière prestation de François Rascalou avait marqué : c’était le Bal de clôture de la ZAT d’Antigone ou il excellait en maître de cérémonie travesti. La Chapelle, ou il est artiste associé, présent vendredi sa septième création : Ma vie avec tout le monde. Cet ancien danseur de la Cie Taffanel qui a fondé sa propre compagnie en 2007 s’est longtemps baladé sur le Net de forums en tchats, constaté toutes « les envies, les désespoirs, les questions » qui y sont déposés. Et cette phrase partout glanée : « je suis là pour me faire un maximum de potes ». les cinq danseurs de <Ma vie avec tout le monde vont donner corps à ces aspirations virtuelles et à cette maladresse particulière qui inspire tant le chorégraphe. Une observation enrichie du rapprochement avec un autre monde de faux-semblants : celui de la scène.       Valérie Hernandez

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