Ma vie avec tout le monde

               „Ma vie avec tout le Monde“ a des allures de talk show chorégraphique explorant l’univers des tchats et des forums de discussion. Se dégage la sensation d’un groupe en errance au fil du réseau, sur lequel chacun dépose des parcelles de vies et d’identités, réelles ou fausses. Une danse presque tribale pour individus romantiques aux corps indolents.
Des identités virtuelles, des amitiés connectées, des rencontres surf, une solitude en réseau. Un ado se demande ce qu’il doit faire avec sa guitare et sa cousine, une femme s’inquiète pour son fils qui met du rouge à lèvre, un homme a du travail mais se sent vide, elle veut partager sa vie avec tout le monde, il va rencontrer deux femmes, tout le monde s’aime, tout le monde est connecté, seul au bout du clavier, en compétition de « profils ».
La danse est portée par une énergie vitale, celle des danses tribales, faites de mouvements et de circulations simples, avec une certaine évidence du sens des actes. Apparitions, glissements, courses, mais aussi des corps parfois maladroits et insouciants, un face à face entre une jeune fille et son image, une circulation monastique, des danse chorales. Et si la pièce prend des allures de comédie musicale technoïde, elle offre au détour d’une écriture ciselée des univers loufoques ou décalés pour des personnages touchants. „    Création 2011     / Interprètes: Anaïs Glérant, Déborah Pairetti, Franck Delevallez, Till Mahou, Diane Peltier.

Télécharger le dossier Ma vie avec tout le monde 2013

Note d’intention.           « La création d’un spectacle fait miroir à plusieurs questionnements et ravissements. Ces « choses » dans la danse, sur la scène, chez les interprètes, chez les autres, dans la vie, qui provoquent en moi une hébétude amère ou douce, ou encore une frénésie silencieuse, une incompréhension violente. Ces « choses », je tente de les soumettre au filtre du plateau, non pour leur apporter une réponse, plus pour les éclairer, en perspective et en abime, les poser en suspension au dessus d’un gouffre, sous la voute du ciel, en silence.
Ici, je prolonge des réflexions et constats nés du travail chorégraphique sur la création précédente, Déclassé X : la force graphique et métaphorique de l’axe de la scène, la magie des espaces et des actions hors champs, la dramaturgie de l’apparition et de la disparition, la perspective.
Je voudrais donner à la chorégraphie un caractère hypnotique dans la répétition des actions et des trajectoires, la superposition des apparitions, imposer des airs de litanie lente et obsessionnelle pour basculer dans une circulation de bateleurs de foire.
Dans le rapport du texte à la danse, plus que pour la pièce Déclassé X, je pressens une danse qui conserve son autonomie de « non sens » face aux mots.
Dans la « récolte » de textes anodins sur le web, dans les tchats et forums de discussion, j’ai voulu aller chercher une humanité suspendue entre vie et mort, violence et compassion, vérité et mensonge.
Si les textes, qui prêtent à sourire, révèlent un caractère absurde et loufoque, la danse inscrit dans les corps une fêlure silencieuse, une grâce maladroite, un défaut ravissant.
Ces questionnements et ravissements sont à la fois le propos et l’architecture du récit du spectacle. »

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