presse Déclassé X

  • L’Hérault du jour – mercredi 19 novembre 2008         Montpellier Danse. F. Rascalou a présenté « Déclassé X » à la Chapelle.

Héros, Eros et petite mort. Le premier mot qui vient à la bouche est « beau ». C’est plutôt rare et ce n’est pas une tare. Les deux danseurs Déborah Pairetti et Yann Cardin sont le cœur battant de la nouvelle création de François Rascalou. Présentée à la Chapelle Gély, « Déclassé X » a pour trame le moment charnière de la première fois.           De la même façon qu’un jeune comédien investit avec émotion le centre d’un plateau, les corps s’exposent sur l’avant scène. Il y a des frissons, des tensions, des élans, il y a de la timidité, de la fragilité, de la candeur. Ce couple – de danseurs, d’enfants, d’ados, de héros – alterne solo et duo, évolue entre page de solitude et union, arpente l’espace, se cherche, se défie, puis tente la complémentarité.        « C’est comment qu’on fait ? » les mots simples et direct d’Emmanuel Darley évoquent la chose. Ils sont chuchotés par les danseurs et souvent adressés au public, ils sont aussi sobrement projetés sur un mur. Il y a les gestes balbutiants des jeunes néophytes associés à la gestuelle emphatique et codifiée de la tragédie et à la musique de Wagner, presque diffusée en sourdine. Il y a la maladresse de deux adolescents anonymes qui se heurtent à la stature de héros mythiques : Tristan et Iseult, Il y a aussi des moments burlesques.       Rascalou mêle la crudité sans fard du réel au lyrisme musical et romanesque. Le mariage de ces registres et de ces postures engendre une pièce singulière. La théâtralisation et l’expressivité des deux interprètes participent de la réussite de la proposition.

Acte érotique, la pièce s’achève dans un trépas symétrique : elle meurt et il reste, il meurt et elle reste. Petite mort ou ultime disparition ? « Déclassé X » est une création délicate et sensible, une histoire humaine qui se traverse en douceur, ou rien n’est jamais en force. Variation en duo sur l’amour, elle aborde la sexualité sans dévêtir les corps, et porte bien son titre.  Anne Leray

  • Midi Libre Samedi 15 novembre 2008-11-23    

    On a vu Danse : Rascalou, un déclassé romantique.

Modeste dans ses intentions, fragile comme une première œuvre qui affiche sa naïveté (plutôt que de paraître), Déclassé X, la dernière création du chorégraphe montpelliérain François Rascalou, a montré que plus de vingt-cinq ans de danse à Montpellier ont laissé des traces. Intéressantes. Rascalou, qui signait, avec ce duo romantique de très jeunes danseurs (Déborah Pairetti et Yann Cardin), sa première chorégraphie importante depuis la fondation de sa compagnie en 2007, a révélé un tempérament attachant, en tout cas désireux de sortir, sans perdre sa générosité, des sentiers usuellement battus. Inspiré, même de très loin, par le Libido Sciendi de Pascal Rambert, présenté en juillet dernier au studio Bagouet, Rascalou a poussé les deux interprètes à vivre l’envers de cette pièce érotique. Se laisser aller au romantisme d’une première nuit à deux, fléchir sans s’atteindre vraiment, sonder sa solitude à l’épreuve d’une sexualité qui détonne, ou talonne. Figures animales, pour dire cela, angles aigus ou frémissement d’instinct. Un joli moment où le couple, affronte, en un pseudo hip-hop bercé par Richard Wagner, des picotements de désirs infantiles.

Composition un peu brouillonne, cela dit, texte d’Emmanuel Darley projeté sur le coté et pas suffisamment intégré au spectacle, mais tentation clownesque à développer davantage. Donnée deux soirs à la Chapelle, en plein cœur de la cité Gély, la pièce était soutenue par Montpellier Danse, dont la deuxième coproduction avec Etienne Schawrcz, directeur des lieux, tombe au bon moment pour accompagner dans un espace au look très seventies, le regain d’utopie des années pop.                     Lise Ott

  • Webzine Danse à Montpellier 13 novembre 2008

Rascalou à la Chapelle.
La réponse à la question “y aller ?” est oui.
Il s’agit d’une pièce très délicate et de ce fait savoureuse. Son nom ? “Déclassé X”.

François Rascalou a surtout mené sa vie comme danseur de la Compagnie Taffanel. Celle-ci a coutume de dire que pour devenir vraiment chorégraphe, il faut déjà avoir mené en tant que tel, 8 pièces à bout. et là, on commence à voir….Je n’ai jamais vraiment su s’il s’agissait d’une boutade, si le chiffre de 8 avait quelque chose de symbolique, s’il provenait d’une étude détaillée… Mais l’idée est à retenir. Pour être vraiment jugé comme chorégraphe, il faut que la personne considérée ait déjà fait pas mal de pièces.
Pour François Rascalou, on a senti le mûrissement venir, voila disons deux ans, avec la série « Labyrinthe des désirs » . Les 3 pièces présentées à la suite avaient des aspects critiquables, notamment quant à un investissement affectif très disparate des différents danseurs. Mais dans le style cool proposé, où la musique a une importance considérable, certains moments, certaines ambiances étaient appréciables et la danseuse Déborah Pairetti sortait vraiment du lot, amenant à des sommets.
Là, avec “Déclassé X” (dans le cadre de la programmation “Montpellier-danse”), il y a de nouveau un progrès. On va vers une “fixation” de quelque chose qui s’apparente à un style.
La pièce est un duo amoureux, je vais essayer d’en parler un peu plus loin.
Avant, je voudrais parler du style, ou si l’on préfère de la “personnalité” de Rascalou-chorégraphe.
Bouclons l’histoire de l’importance des apports extérieurs en deux mots. La danse de Rascalou est un élément des pièces. La musique, l’éclairage, la dramaturgie (amenée en général par l’espace scénique – ici par la projection d’un texte de Darley) sont des éléments FONDAMENTAUX, ils sont premiers dans les pièces. (De ce point de vue, dans mes définitions perso, Rascalou est un “classique”).
Ceci n’a rien d’original. Ce qui caractérise vraiment Rascalou, c’est quelque chose de “cool”. C’est indéfinissable et quelqu’un m’a suggéré “peintre du dimanche”. Oui, si l’on ne le prend pas du coté péjoratif. Il s’amuse avant tout, il le prend cool, je ne sais pas le dire autrement.
C’est un parfum des prés, ce n’est pas chargé, il n’y aucun pathos. Et cela donne une fraîcheur délectable. Comme le terme de “peintre du dimanche” ne me plaisait pas vraiment (encore que si l’on pense à Renoir, peintre des guinguettes, cela me parle (VOIR)…), j’ai cherché. Et donc, pour qualifier Rascalou, je pense à Hugo Pratt, qui se fiche royalement de ses faiblesses techniques, pour aller à ce qu’il juge essentiel, ce qui lui permet de développer des histoires d’une durée… ben, juste celle qu’il faut à l’histoire elle-même, parfois peu (”Tango”), parfois beaucoup (”Mu”) ; l’éditeur, la norme du format, on s’en fout !
Vu l’âge de François, on ne parlera pas vraiment de “fraîcheur”. Par contre, jeunesse d’esprit, liberté d’esprit me plait bien.
Revenons à “déclassé X”. On peut insister sur le texte de Darley. Je ne m’y suis pas concentré. Je pense que l’essentiel, c’est la musique de Wagner (le “Tristan” comme on dit quand on est branché… mais il n’y pas de mal à être branché Wagner). La musique de “Tristan et Yseult” est quelque chose qui peut virer “pathos” (”le naufrage du teutonique”, ah, ah). Et là, le duo (dont Déborah Pairetti) le joue avec une grande finesse, une délicatesse qui font presque oublier la mort finale.
Or, réussir à interpréter cette musique, ce n’est pas donné à tout le monde. La scénographie et le texte de Darley sont clairement utilisés comme des “contrepoints”. Cela n’aurait pas choqué Wagner, il aimait ça. Donc, on reste dans l’esprit. Et on parle de notre période, de notre sensibilité, de nous. Bref, c’est bon, comme une bonne musique intégrée à notre temps (j’y trouve un petit coté “rock anglais”, cette capacité à sortir des chansons en prise sur l’actualité immédiate, dans l’esprit “Wedding Present”, “Smiths”, “Libertines”, etc.), mais ça ne pète pas plus haut que ça, ça reste respectueux de l’humain, des autres arts et artistes.
Il joue “facile”, la métaphore sportive me vient assez spontanément… Et devant l’injonction du surmoi : “il faut durcir le jeu”, il dit “alors je ne joue plus”. Est-ce un style, ben il me semble. En tout cas, c’est une qualité. Et je me suis bien régalé… or s’il y a un ayatollah de Wagner dans la zone, c’est bien moi !                                          Jean Marc Douillard

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